Interview

42 km 195 : Olivier nous raconte son « Marathon Vert »

Courir un marathon, ce n’est pas seulement courir 42,195 Km. Non, un marathon, c’est d’abord 8 à 12 semaines de préparation qu’il faut arriver à planifier entre une vie professionnelle et une vie familiale car la « charge » en kilomètres est indispensable pour appréhender dans de bonnes conditions une telle distance.
C’est donc avec la satisfaction de cet entrainement que je me prépare à rejoindre Cap-Malo le dimanche 26 octobre avec un lever matinal, 3h30 avant le départ, afin de déjeuner. Le hasard du calendrier a bien fait les choses, le changement d’heure facilite le réveil. Et le temps est de la partie : ciel bleu, pas de vent et une température satisfaisante.

Le départ est prévu à 9h15, on sent une certaine fébrilité dans les rangs des 1300 participants. L’expérience m’a appris à ne pas me laisser emballer par une certaine aisance lors des premiers kilomètres. J’ai préparé ce marathon sur une base de 3h30, il faut donc que je m’astreigne à ne pas dépasser le meneur au drapeau bleu…

Une fois encore les bonnes résolutions s’envolent. Entre La Chapelle-des-Fougeretz et Montgermont, une petite accélération pour atteindre le ravitaillement et je me retrouve 200 à 300 m devant le meneur d’allure. Je fais quoi ? Je ralentis pour attendre le meneur ou je continue à la sensation ? Finalement j’opte pour les sensations.

Et comme à l’accoutumée, je dois être un peu en surrégime et après Saint Grégoire, je vais commencer à « taper dans le dur ».
A l’approche du parc des Gayeulles, le meneur des 3h30 me dépasse et je constate que je ne peux pas le suivre !! Il ne me reste plus qu’à me mettre dans ma bulle : ne plus m’occuper des autres, retrouver l’allure travaillée à l’entrainement, m’alimenter et ne pas penser au traditionnel mur du 30ème km.

Et le rythme revient. La distance prise avec le meneur se stabilise. Je passe Beaulieu correctement. Je rentre dans Cesson, trouve que la « montée » près de la Touche Ablin est assez raide. Après le cinéma « Le Sévigné », ce sont les encouragements familiaux, un sourire pour laisser croire que cela va encore. Et je commence à compter les kilomètres qui restent à réaliser : encore 5km, encore 4 km, puis 3…

Un maillot jaune me dépasse, c’est le dernier relayeur de l’équipe de Cesson. J’ai encore la force de « crier » un encouragement. Et l’arrivée approche. Le tapis vert installé devant le parlement n’est pas des plus opportuns. On ne voit pas les pavés mais on les sent quand même. Je traverse la place de la mairie, j’entends des encouragements mais je ne vois personne. Encore 1Km et enfin l’arrivée.

Un coup d’oeil sur le chrono officiel (3h30’42”), un autre sur la montre, 3h30’13” et une satisfaction intérieure. J’ai atteint l’objectif que je m’étais donné. Et la ligne passée, je m’arrête pour apprécier ce moment unique et intime : avoir couru pour la douzième fois 42,195 kilomètres.